Monsieur le Maire

Eric Seillier

village de 149 habitants

cadastre napoléonien de 1825

Anciennes cartes postales

l'église 

historique du village:

Esclottes, une église possédée par l’abbaye de Conques

Esclottes est la seule paroisse pour laquelle nous pouvons affirmer avec certitude qu’elle est de la fin du XI siècle, et même des alentours de 1076, et ce grâce à l’acte 50 du cartulaire de Conquesdont voici la traduction :

" Au nom du seigneur. Moi, Amancuus, pour le salut de mon âme et pour le salut de mes parents tant morts que vivants, je donne à St-Sauveur de Conques et à Ste-Foy deux manses de terre à " Escolt ", situé dans le diocèse de Bazas, avec le quart et toute la dîme de ces trois (sic) manses, et par cet accord, le moine Deusdet, ou Pierre ou Odolric bâtira en ce lieu une église en l’honneur de Ste-Foy, pour mon âme et pour celle de mes parents. De même, je leur donne toute cette église. D’autre part, je leur donne toute la justice sur cette église et sur les hommes qui pourront s’installer ici, sans qu’aucun de mes parents ou de mes héritiers puisse aller contre ma décision. Et si, alors que je ne serais pas là, il advenait qu’un abbé ou un moine veuille enlever cet honneur des possessions de Ste Foy, que viennent (à Conques) mon fils ou ma fille ou quiconque détiendra mon honneur et qu’il mette douze deniers limousins sur l’autel de St-Sauveur et de Ste-Foy, et revendique pour lui cette possession. Mais si, après mon décès, mon fils ou un de mes parents voulaient intenter quelque chose contre ce don et cette dernière clause, qu’il soit aussitôt privé de ce qu’il possède et que lui et ceux qui le soutiennent reçoivent la damnation éternelle avec Dathan et Abiron, avec Juda le traître, Anna et Kaifa ainsi que Pilate.

Ont signé : Amancuus, Guillaume Aicart, Aner Sanche, Aiquelmaner, Foulques. "

On découvre donc qu’Amancuus est seigneur banal puisqu’il donne la justice et les dîmes au monastère. Cette justice, il la donne sur les occupants de la paroisse, présents et à venir. La contre-partie de ce don est donc la fondation d’une église, mais pas par n’importe qui puisque trois moines sont évoqués pour se charger de l’édifice. Desjardins voit en ces moines des architectes introduisant, partout où leur possessions se développent, le style roman de Conques. L’église aurait donc dû être dédiée à Sainte Foy, ce qui a peut-être été le cas, mais aujourd’hui le saint patron est Blaise, et nous avons vu que les changements de vocable, pour diverses raisons, étaient assez nombreux dans la seigneurie. Nous avons donc ici le cas d’une église fondée par une communauté religieuse à la demande d’un seigneur laïque. La présence des moines de Conques semble se borner à la nomination du prêtre et à la collecte des taxes, mêmes si certains ont cru déceler la présence d’un prieuré à Esclottes. Or la pancarte du XVIe siècle, toujours publiée par Desjardins, ne fait état que de l’église d’Esclottes (qui est d’ailleurs le seule possession de Conques dans le Bazadais), contrairement notamment au prieuré de St-Martin de Pineuil par exemple ; et la Levée du don gratuit en Bazadais pour 1523 mentionne le " recteur d’Esclotes " ainsi que le prieur de Ste-Colombe, mais pas de prieur d’Esclottes. Bien sûr le prieuré a pu exister puis disparaître avant la fin du Moyen Age, mais dans l’état actuel de nos connaissances nous considérons qu’il n’a pas existé, d’autant que le donateur , Amancuus, avait bien demandé l’édification d’une église et non la fondation d’un prieuré. Le cartulaire contient par contre deux autres actes relatifs à Esclottes, n° 372 et 386, datés tous les deux de la fin du XIe siècle, c’est-à-dire peu après la charte de fondation. Ils prennent la forme de compte des redevances, et ainsi nous avons une idée de ce qui se cultivait dans cette nouvelle paroisse.

Dans le premier texte, les habitants d’Esclottes doivent, outre le quart (" quartum ") un cens de deux moutons (" multones "), quatre pains (" panes ") et quatre setiers d’orge ou d’avoine (" quatuor sestarios de civata "). Quelques année plus tard, toujours pour l’ " ecclesia de Escolt ", outre le quart, le cens s’élève à deux moutons toujours, mais on est passé à huit pains et à huit " conchas " d’ orge ou d’avoine. Si nous ne pouvons pas comparer les setiers et les conques, ignorant leur contenance, nous voyons que les exigences en pains ont doublé. Cela peut venir d’une hausse simple des redevances dues au monastère, mais on imagine plutôt que la population a augmenté et que ainsi davantage de surface est occupée par la culture des céréales panifiables. On constate également qu’une place importante est donnée à l’élevage des moutons. La création de cette église semble donc avoir été une réussite rapide, ce qui montre bien qu’à la fin du XIe siècle le réseau paroissial n’est pas entièrement structuré et que la vitalité des populations est suffisante pour permettre l’éclosion de nouvelles paroisses.

Nous avons donc évoqué toutes les paroisses constituant la seigneurie de Duras au XVIIe siècle. Nous avons retenu deux grandes paroisses mères, Auriac et Anzas, puis s’est développé St-Eyrard dans un premier temps, alors que Ste-Colombe et Baleyssagues, dans un ordre incertain, ont dû se former un peu après la précédente, peut-être au même moment que Lubersac. C’est ensuite que Savignac puis St-Sernin se sont détachées de Lubersac, alors qu’en 1076 s’amorçait la naissance d’Esclottes. C’est certainement aussi à cette époque que s’organise Ste-Foy, avant St-Front qui a dû se structurer dans un dernier temps. Si l’ordre d’apparition de ces paroisses n’est pas certain, leur existence l’est. Cependant, d’autres paroisses sont peut-être nées dans le cadre de la seigneurie et ont disparu précocement

Selon l’abbé Tabournier, curé Des Clottes, l’église est à 6 km de Duras, proche des chemins de Compostelle qui reliaient Ste Foy à La Réole et Duras à St Ferme.Assise à flanc de coteau, elle domine le vallon du Dousset, petit affluent du Drot.

 

 

La Guerre de 100 ans a balayé le monastère qui existait aux Clottes au temps d’ Henry III d’Angleterre(1212-1272), ce dernier protégeant certainement le monastère à cause du vin produit.

1345 :Henry de Lancastre, comte de Derby, partant de Bergerac pour se rendre à St Macaire […] brûle et pille Monestier, une ville au pied de Théobon, brûle encore Villeneuve de Puychagut, Landerrouat puis descend aux Clottes.Le monastère disparaît et l’église fortifiée est agressée. Tout l’appareil de fortification est démoli, ce qui fait s’effondrer la voûte en pierre

les découvertes archeologiques